Ce soir, il fait froid. Autant dehors qu'à l'intérieur. A moins que ce soit moi. Peut être bien. Je me sens seule. Beaucoup me parle mais peu m'importe, je n'ai pas l'envie de leurs répondre. J'ai l'envie d'écrire. De t'écrire. Une question me tourmante. Est-ce plus beau là-haut ? Je crois que oui. J'en suis même sur car si ce n'était pas mieux qu'ici bas, les morts reviendraient. Tu reviendrais. Je repense souvent à toi. Toi qui était comme un parrain. Tu es partis beaucoup trop tôt. La maladie t'as emmené loin de nous. De moi. J'étais jeune. Mais pourtant, je m'en souviens encore. Le pain et les tours du village en voiture, on jouait les apprentis boulangers. Et toi, cousine, t'en souviens-tu ? Je suis sur que oui. Tout est gravé. Que ce soit juste les visites de courtoisie ou les journées de "quad" en été. Ou encor, le ski en hiver. A toutes saisons, on t'avait pour nous. Et ta maison, je m'en souviens encore. Nous avions le droit de visiter tout ce que bon nous semblait. Toutes ces vieilles photos que l'on avait retrouvé. Je te voyais, toi. Jeune, beau, grand et fort ainsi que mon pére. Tous deux, souriants . Je sais que je ne parle pas souvent de toi. Que mes amis ne te connaissent propablement pas. Mais sais-tu comment c'est dur de parler de quelqu'un qui nous manque à ce point ? Car oui, bien sûr, tu me manques. Toi et tes histoires que tu nous racontais. Ou plutot, tes souvenirs. Les souvenirs de ta jeunesse près de mon pére. Je me souviens vaguement l'histoire de l'âne de ta grand-mére sur lequel vous vouliez monter. Vous êtiez fou. Ou plutot jeune et insouciant. Tu sais, parfois je me demande comment serait ma vie, si tu n'étais pas partit. J'aurais aimé que tu me vois grandir. Que tu sois là pendant toutes ces vacances où j'étais à Saint-Julien. Chaques fois que j'y retourne, je ne peux m'empêcher de monter jusqu'au Claret. Je m'assoie en face de ton ancien chez toi et repense à ces merveilleuses journées que j'y ai passé. Je me remémore ce bonheur avec toi. Et puis, je vais sur ta tombe. Je sens comme une boule dans ma gorge. Tu sais, encore aujourd'hui, je m'empêche parfois de te pleurer. Je ne pleure pas, plus. Je veux te montrer que je suis forte. Je souhaite aussi te présenter mes escuses. Je te les dois bien. J'ai été lache et j'ai préfèré rester enfermé chez mes grands parents, au lieu de venir à ton enterrement, te dire un dernier au revoir. Malgrés le fait que je sais ou plutot que je suis sûr que maintenant, tu ne souffres plus. Et j'espere que tu veilles sur nous de là-haut. Sur moi.
Lettre pour André Arnaud, partit trop tôt.
Septembre 2003, notre Ange s'est envolé.
Claudie.